Les bohémiens désignaient à l’origine les personnes vivant au jour le jour, principalement des artistes, écrivains, musiciens et étudiants, qui adoptaient un mode de vie libre, anticonformiste et totalement détaché des règles de la société bourgeoise, en particulier au XIXe siècle à Paris.

À l’origine, la Bohême est une région historique d’Europe centrale, située aujourd’hui en République tchèque. Au XIXe siècle, les Parisiens croyaient à tort que les populations roms et nomades (les Gitans) qui arrivaient en France provenaient de cette région. On les a donc appelés “bohémiens”.

Les jeunes artistes sans argent ont commencé à vivre comme ces nomades : ils changeaient constamment de logement faute de pouvoir payer le loyer, s’habillaient de manière marginale, ignoraient les horaires fixes et rejetaient le matérialisme. C’est ainsi que le terme est devenu synonyme d’artiste libre et sans attaches.

Pour un vrai bohème, la création artistique et la liberté intellectuelle passaient avant le confort matériel. Ils préféraient vivre dans la pauvreté (les fameuses chambres de bonne ou mansardes sous les toits de Montmartre) plutôt que de prendre un travail conventionnel.

La vie de bohème était très communautaire. Les artistes se réunissaient dans les cabarets et les cafés parisiens (comme Le Chat Noir) pour refaire le monde, débattre, lire de la poésie et boire de l’absinthe.

Ils ont développé un culte de l’amour libre, de la passion et de la figure de la “muse”, souvent idéalisée malgré la misère quotidienne.

La chanson fait référence à un lieu géographique bien précis : la colline de Montmartre à Paris. Aznavour évoque les ateliers d’artistes, les lilas qui fleurissaient sous les fenêtres et les petits cafés de la Butte où les jeunes peintres et poètes se réunissaient en attendant la gloire.