
La peinture représente le port du Havre, la ville d’enfance de Monet, au point du jour. Au XIXe siècle, Le Havre était l’un des centres industriels et commerciaux maritimes les plus actifs de France. Loin de rechercher un paysage naturel idyllique ou classique, Monet a choisi de capturer la modernité de son époque. À l’arrière-plan, à travers la brume matutine, on distingue nettement les silhouettes des cheminées d’usines, des grues industrielles et des mâts des grands navires à vapeur.
En avril 1874, Monet et un groupe de peintres indépendants (dont Renoir, Degas et Pissarro), las d’être rejetés par le rigide Salon officiel de Paris, organisent leur propre exposition alternative dans l’ancien atelier du photographe Nadar.
Lorsqu’on demande à Monet le titre de sa toile pour le catalogue, il estime que l’appeler “Vue du port du Havre” ne correspond pas à la réalité, l’œuvre n’étant pas un dessin détaillé. Il déclare : “On me demanda le titre pour le catalogue, ça ne pouvait vraiment pas passer pour une vue du Havre ; je dis : ‘Mettez Impression’“.
Quelques jours plus tard, le critique d’art Louis Leroy publie une chronique féroce et satirique dans le journal Le Charivari. Utilisant le titre de l’œuvre de Monet de manière méprisante, il intitule son article “L’Exposition des impressionnistes”, ironisant sur le fait qu’un papier peint à l’état embryonnaire était plus fait que cette toile.
Les artistes ont adopté l’insulte comme nom officiel, donnant ainsi naissance au mouvement impressionniste.